La processionnaire du pin n’est plus une affaire de Midi. En quelques décennies, son aire de répartition a progressé nettement vers le nord et vers l’ouest, atteignant des départements où elle était inconnue il y a une génération. Voici l’état des lieux, département par département, et ce que cela implique si vous vivez sur le front d’expansion.
Les zones historiquement les plus touchées
Le pourtour méditerranéen
Pyrénées-Orientales, Aude, Hérault, Gard, Bouches-du-Rhône, Var, Alpes-Maritimes : c’est le foyer historique. Les descentes y sont les plus précoces, souvent dès décembre, et la pression reste forte d’une année sur l’autre.
Le Sud-Ouest et le massif landais
Landes, Gironde, Lot-et-Garonne, Dordogne : la monoculture de pin maritime offre à l’espèce un milieu particulièrement favorable. Plusieurs de ces départements ont pris des arrêtés préfectoraux.
La vallée du Rhône
Drôme, Ardèche, Vaucluse : couloir de progression naturel vers le nord, avec une présence désormais bien installée.
Le front d’expansion
Trois secteurs concentrent aujourd’hui l’attention.
- La façade atlantique et la Bretagne, où la progression est récente et où de nombreux propriétaires découvrent le problème sans en connaître les réflexes.
- Le Centre-Val de Loire et les Pays de la Loire, désormais concernés de façon régulière.
- L’Île-de-France et les Hauts-de-France, où l’espèce est observée de manière croissante.
Pourquoi cette progression
Deux facteurs se cumulent. Le réchauffement climatique, d’abord : la survie hivernale des colonies dépend directement des températures nocturnes, et des hivers plus doux ouvrent des territoires jusque-là inhospitaliers. Les plantations ornementales ensuite : pins et cèdres plantés dans les jardins, les lotissements et le long des axes routiers créent un chapelet de relais qui accélère la colonisation.
Cette progression est documentée depuis les années 1960 et se poursuit. → À lire aussi : cycle de vie et rôle du climat.
Les départements sous arrêté préfectoral
Depuis le décret du 25 avril 2022, les préfets peuvent définir par arrêté les mesures de gestion applicables sur leur territoire. Plusieurs l’ont fait, notamment dans les Landes, en Gironde, dans les Bouches-du-Rhône et en Loire-Atlantique.
Le calendrier des descentes varie avec la latitude
Plus on remonte vers le nord, plus les descentes sont tardives. L’écart entre le littoral méditerranéen et la Bretagne peut atteindre six à huit semaines, ce qui change la date de pose du piège.
| Zone | Fenêtre de descente |
|---|---|
| Pourtour méditerranéen | Décembre à mars |
| Sud-Ouest et vallée du Rhône | Janvier à avril |
| Façade atlantique et Centre | Février à mai |
| Île-de-France et front nord | Mars à mai |
→ À lire aussi : calendrier détaillé région par région.
Vous êtes en zone nouvellement touchée : les réflexes à prendre
C’est la situation la plus délicate, parce que le réflexe collectif n’existe pas encore. Les nids passent inaperçus, les mairies n’ont pas de procédure, et le premier contact avec un chien ou un enfant survient souvent avant que quiconque ait identifié le problème.
- Faites l’inventaire hivernal. Regardez vos pins et cèdres entre novembre et mars : les nids blancs sont visibles depuis le sol.
- Signalez à votre mairie. Dans les secteurs de colonisation récente, les collectivités s’appuient sur les signalements des habitants pour évaluer la situation.
- Équipez dès la première année. Une colonie installée redescendra au sol dès l’hiver suivant. → À lire aussi : nos pièges de tronc PineProtect.
- Informez vos voisins. Une action isolée sur un seul jardin a une portée limitée.
→ Consultez la page consacrée à votre département pour connaître la situation locale, l’arrêté éventuellement en vigueur et les dates de descente.
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Questions fréquentes
Comment savoir si mon département est concerné ?
Consultez la carte de l’Observatoire des chenilles processionnaires et renseignez-vous auprès de votre mairie, qui dispose souvent d’informations locales précises.
La processionnaire du chêne est-elle la même espèce ?
Non. Il s’agit d’une espèce distincte, également classée nuisible à la santé humaine, plus présente dans le quart nord-est du pays.
L’espèce peut-elle disparaître d’un département ?
Localement, la population fluctue fortement selon les hivers. Une année creuse ne signifie pas une disparition.
Les zones urbaines sont-elles touchées ?
Oui, et parfois plus que les zones forestières, en raison des pins d’ornement plantés dans les jardins, les parcs et les lotissements.
Où signaler la présence de chenilles ?
Auprès de votre mairie et, selon les régions, auprès de la FREDON régionale ou de l’Observatoire.